EBD 3 – bilan & vidéo : débrief complet de la soirée

Hier (samedi 17 mars), une bonne partie du MMA francophone s’était donné rendez-vous à Mons pour l’European BeatDown 3. Dans les couoloirs de l’Arena de Mons, on croisait des vétérans de l’UFC venus pour coacher le temps d’une soirée (Cyrille Diabaté, Mickael Lebout), pour commenter (Jess Liadin) ou un promoteur (Raid Salah, SHC) venu en simple visiteur pour profiter du spectacle. Une soirée qui riche de douze combats. C’est Sami Ouardi (0-3-0 / Team Salmi) et Mickael Baudour (1-0-0) qui ouvraient le bal. Un duel de poids lourd pour ‘warm up’, le public n’en demandait pas tant. Mais même si Sami pouvait compter sur le soutien d’un contingent de lyonnais qui avait fait le déplacement jusqu’à Mons, Baudour explosait logiquement l’applaudimètre, puisque c’est chez lui qu’il effectuait sa première sortie professionnelle. Malgré un sursaut d’orgueil dans la troisième reprise (une reprise qu’il s’adjugeait), Ouardi s’inclinait face à un local tout à sa joie de s’imposer chez lui pour cette première. Le deuxième affrontement, lui, mettaient aux prises deux athlètes originaires du plat pays, Sébastien Di Franco (4-0-0 / NR Gym) et Bolaji Oki (1-2-0 / Vallon Team), mais cela ne signifie pas pour autant que les deux hommes partaient égaux dans le cœur du public. Nombreux étaient ceux dans les gradins qui avaient fait le déplacement pour les jumeaux Di Franco et ils le faisaient savoir ! Dès la première reprise on constatait que l’on avait changé de catégorie, le rythme du combat étant évidemment plus explosif, et, galvanisé par son public, Di Franco y était pour beaucoup. C’est à la décision qu’il s’imposait finalement contre un adversaire qui sera intéressant de suivre sur les prochaines saisons tant le bonhomme a du potentiel. Nicolas (3-1-0 / NR Gym), l’autre moitié de la fratrie Di Franco, faisait son entrée une quinzaine de minutes après Sébastien avec la ferme intention de s’imposer. Mais un homme, Abou Tounkara (3-0-0 / Snake Team), est venu casser le rêve de soirée parfaite de la famille Di Franco. Dominé dans le round, le sociétaire de la Snake Team est parvenu à renverser la vapeur dans le deuxième en forçant l’arbitre à mettre fin au combat. Victoire surprise (et de prestige) donc pour un Tounkara, qui pourrait voir les propositions de combat affluer dans les prochaines semaines. Après la victoire de William Gomis dans le tournoi featherweight du 100% Fight, Cyrille Diabaté a semble-t-il déjà trouvé la relève aux générations Foupa Pokam/ Babène et Landu/ Kherfallah Petshi.

Un vent vert, blanc, rouge souffle dans l’Arène

Vétéran de la soirée, le revenant Christos Nicolaou (il s’était imposé lors de la précédente édition contre Mourad Serrar), affrontait le débutant de la Team ObyFight Antoine Bensimon (1-0-0 / ObyFight). Très au fait du background de striker de son adversaire chypriote EBD-3_Yassine-Belhadj-cage_MMA4Fight(Nicolaou a été champion d’Europe de kick), le vitryo basait toute sa stratégie sur une lutte agressive et collait sans cesse son adversaire. Une stratégie payante dans le deuxième, puisqu’il renversait son adversaire à bout de souffle, suivait au sol, le soulait de coups… Jusqu’à l’arrêt de l’arbitre. Après le premier entracte c’était au tour de la Suisse de présenter son premier représentant de la soirée (le deuxième étant Jovica Tomic), Faissal Harrar (2-3-0 / MAA Geneva). Face à lui, Yassine Belhadj (3-1-0 / ObyFight), pour sa deuxième apparition à l’EBD. Après une première réussie face à Kim Benzha, devenu depuis son partenaire d’entrainement, ‘Crazy legs’ rentrait avec une décontraction visible dans la cage et justifiait à plusieurs reprise son ‘nickname’ (high kicks et autres spinning back kick). Mais c’est finalement grâce à son anglaise taffée ces derniers mois avec Anthony Bret (avec qui il était pensionnaire de l’INSEP du temps de sa carrière de taekwondoïste), qu’il faisait plier Faissal, avant de terminer le combat en ground & pound. Deuxième victoire de rang pour lui à l’EBD, il y a donc de fortes chances de le revoir dans la cage belge (d’autant que c’est aujourd’hui BeatDown management qui gère sa carrière), mais c’est du côté de la Suisse devrait se jouer son avenir dans quelques semaines… L’Algérie avait le vent en poupe lors de la soirée, puisqu’après la victoire de Belhadj, deux autres franco-DZ, Abdel Rahmane Driai et Sofiane Oudina, s’offraient, eux aussi, deux victoires par KO, faisant monter la température de 10 degrés dans la salle. Tous les deux originaires du nord de la France, les deux hommes avaient emmené dans leur sillage un grand nombre de supporters tout acquis à leur cause.

Entre incompréhension et polémique

Après cet interlude vert, blanc, rouge, l’European BeatDown offrait aux 5 000 fans massés dans la Mons Arena, un peu de « douceur » féminine dans une soirée chargée en testostérone. Le seul combat féminin de la soirée mettait aux prises la française Eva Dourthe (3-0-0 / MMA Fusion) et la hollandaise Mellony Geugjes (2-4-0 / Mike’s Gym). Pas certain que le terme « douceur » soit le bon, tant les deux jeunes femmes se sont livrés une guerre totale. Mais malgré l’engagement d’une Guegjes qui restait sur une bonne série de deux victoires, l’élève de Johnny Frachey parvenait à s’imposer à la décision. Avec désormais trois victoires en autant de combats pros disputés, elle fait son entrée dans le cercle des combattantes qui compte dans le paysage du MMA féminin français. Gaetano Pirrello (12-4-1 / Osman Gym), lui, est rentré depuis un moment dans la catégorie des fighters incontournables de Belgique. S’il avait dû attendre la limite lors de son précédent combat d’octobre à l’EBD 2, le Tigre n’a pas fait dans le détail hier ! C’est sur une série punitive mix de genoux et de punchs qu’il finalisait Carlos Eduardo de Azevedo (8-10-2 / Peposo Team). Malgré la désapprobation de ‘Teto Terranossa’, l’arbitre prenait la bonne EBD-3_Georges-Eid-Blessure_MMA4Fightdécision, au vu de l’état chancelant du brésilien. Pour Pirrello, la suite pourrait s’écrire du côté du SHC. Il a, en effet, déjà combattu à deux reprises pour l’organisation suissesse et puisque le show revient pour une douzième édition en mai, la tentation de s’appuyer sur un habitué banckable devrait être forte chez les match-makers helvètes. Le combat de Pirrello était le dernier à concerner un belge lors de la soirée, mais les français, eux, restaient à l’honneur. Le premier title-shot fut aussi le combat le plus polémique de la soirée. La révélation nantaise 2017, Abdoul Abdouraguimov (6-1-0 / Team Delariva) était opposé au libanais Georges Eid (8-2-0 / Tristar Lebanon). Alors que les deux hommes se faisaient une belle guerre debout, Abdouraguimov s’appuyait sur sa lutte pour marquer des points aux yeux des juges. Sur la deuxième amenée au sol, il parvenait à maintenir Eid au tapis et commençait son travail de sape en coude. Après un premier échange verbal avec l’arbitre italien (difficile de savoir si l’homme en noir l’avertissait du caractère illégal de ses frappes ou validait les attaques), ‘Sinistro’ continuait à envoyer. C’est à ce moment-là que le combat était stoppé et pendant que le camp libanais affirmait que les frappes avaient été portées à l’arrière du crâne, l’incompréhension régnait dans la salle pendant de longues minutes. Après cette période de concertation les juges validaient finalement une victoire pour Georges Eid en raison de ces coups jugés illégaux. Un drame pour Abdouraguimov et son camp qui étaient persuadés d’être dans les clous du règlement. Présent sur place, son manager Giom Peltier nous expliquait après le show sa volonté de faire requalifier le résultat. En attendant cet éventuel ‘overturn’ par une commission externe, c’est bien en tant que premier champion welter de l’EBD qu’Eid est sorti de la cage…

Première ceinture pour Ligier

EBD-3_Peter-Ligier-ceinture_MMA4FightC’est aussi avec l’étiquette de champion (bantamweight) que Peter Ligier (9-2-1 / MMA Fusion) fera son retour aujourd’hui à Paris. Mais tout ne fut pas simple pour obtenir cette première ceinture hautement symbolique. Sébastien Laurent, le match maker belge, lui avait déniché un adversaire brésilien pas forcément très connu en Europe, mais qui s’est avéré redoutable ! Il faut dire que Pedro Souza (14-3-0 / CM System) affichait de très belles références et nous avons pu constater que son record en carrière n’était pas le fruit d’un heureux hasard. Dans le premier round, il parvenait à faire douter Ligier et rentrait dans son coin avec le gain de la reprise. Dans le deuxième les débats étaient plus équilibrés mais à la faveur d’une amenée au sol et du travail qui s’ensuivait, le parisien prenait la reprise selon nous. Mais puisque Peter Ligier a visiblement retenu qu’en MMA il ne fallait jamais s’en remettre aux juges, il s’est chargé de conclure la rencontre par un superbe KO. Le troisième de sa carrière, mais certainement le plus beau, puisqu’il lui permet donc de s’adjuger la ceinture des 61 de ce qu’il définissait au micro après combat comme « l’une des plus belles organisations européennes aujourd’hui ». Cheick Koné (17-9-0 / La Smala) n’aura pas eu ce bonheur… à notre grand regret. Quelques semaines avant la tenue de l’European BeatDown 3 il avait accepté de prendre Johnny Walker (12-3-0 / Imperio Fight Team Aberdeen) qui devait combattre Zoumana Cissé pour le titre poids-lourds. Ce combat contre Cheick nous aura donné la confirmation que le bonhomme, même s’il navigue entre deux catés est un vrai poids lourd (il émargeait hier à près de 103 kilos) et non un lourd léger. Il aura mis en lumière que la place de l’homme de Sevran est chez les middlweight et pas ailleurs. Cette victoire nous attriste évidemment, tant il est évident à nos yeux que Koné est un de nos meilleurs combattants et que sa série actuelle de défaites ne reflètent en rien extraordinaire talent dans la cage ! Cette défaite française fut donc un triste final pour notre soirée fight, mais elle ne doit en aucun ternir le bilan hyper positif que nous ferons de ce troisième EBD de l’histoire.

Résultats complets de l’European BeatDown 3

Heavyweight : Michael Baudour bat Sami Ouardi à la décision unanime

Lightweight : Sébastien Di Franco bat Bolaji Oki à la décision unanime

Welterweight : Antoine Bensimon Christos Nicolaou par TKO,  Round 2

Superfight  Lightweight : Sébastien Di Franco bat Oki à la décision unanime

Superfight  Welterweight : Sofiane Oudina bat Tomic par KO (punch), Round 1

Superfight middleweight : Adderhamane Driai bat Pavel Sabadash par TKO (GnP), Round 1

Superfight féminin strawweight : Eva Dourthe bat hollandaise Mellony Geugjes à la décision unanime

Superfight catchweight : Gaetano Pirrello bat Carlos Eduardo de Azevedo par KO (punch & genoux), Round 1

Title-shot welterweight : Georges Eid bat Abdoul Abouraguimov par arrêt de l’arbitre (coups illégaux derrière la tête), Round 1

Title-shot bantamweight : Peter Ligier bat Carlos Eduardo de Azevedo par KO (punch & genoux), Round 3

Title-shot light heavyweight : Johnny Walker bat Cheick Koné par TKO (GnP), Round 1

#Bilan

Yassin Hammachi de MMA4Fight

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