Légalisation du MMA en France ? On est loin du compte…

Comment ne pas démarrer cet article en affirmant que le take-down infligé hier par le ministère des Sports, par le biais de son arrêté anti-MMA, est certainement le coup le plus rude que la famille des arts martiaux mixtes français ait encaissé depuis le début de l’imbroglio judiciaire avec l’état. En septembre dernier avec le WWFC Cage Encounter 4, premier vrai événement médiatique de MMA sur le sol français, nous avions l’impression que la « cause » avait fait un bond en avant de fou furieux. Mais c’est paradoxalement ce précédent – le trio de promoteurs était parvenu à organiser l’événement grâce à «  un touffu dossier tout en nuances en préfecture » dixit Libération – qui a poussé nos politiques à resserrer les mailles. Ce cher Monsieur Braillard, Ministre de son état, n’apprécie visiblement guère de se faire enfumer (en toute légalité, rappelons-le !!!)… Pourant nos politiques sont épaulés par des petites armés de conseillers de tout bord (enfin je sais pas, enfin il me semble nan !?). Par le biais de cet arrêté publié au journal officiel du 23 octobre, le gouvernement explicite l’interdit sur les «règles techniques et de sécurité applicables aux manifestations publiques de sports de combat». En mettant sur l’accent sur « les disciplines pour lesquelles aucune fédération n’a reçu de délégation » en bannissant des combats « les coups de poings, coups de pieds, coups de coudes et coups de genoux visant un combattant au sol » et en indiquant que « les combats se déroulent sur un tapis ou sur un ring à 3 ou 4 cordes. Les coins du ring sont protégés par les protections usuelles », le gouvernement ne cite pas le MMA, mais l’attaque rude façon un Broly qui perd ses nerfs.

Alors que l’état de New York, qui était un des derniers bastions anti MMA dans le monde, s’apprête à recevoir l’un des plus gros show MMA de l’histoire (l’UFC 205 et son main event McGregor Vs Alvarez), nos politiques nous font reculer de quelques pas mma-franceencore. Déjà que nous n’étions pas bien loin sur le chemin de la reconnaissance… Merci messieurs les ralentisseurs (oui j’aurais pu dire les relous, mais on m’a dit qu’il était de rigueur de ne pas – trop – exprimer son ‘seum’). Le plus triste dans cette histoire est que la commission, composée de Patrick Vignal, député PS, et Jacques Grosperrin, sénateur LR, chargée de statuer sur la suite des événements, avait auditionné un grand nombre de connaisseurs et de vrais défenseurs de la cause MMA (Bertrand Amoussou, Jean-François Billon, Fernand Lopez…). In fine, ces messieurs nous donnent, une nouvelle fois, l’impression qu’ils ne nous comprennent pas. Preuve que le sujet n’est plus un micro-dossier, une majorité des grands médias généralistes du pays (20 Minutes, L’Express, Libération, RTL…) se sont fendu d’un papier sur cette décision du gouvernement. Une fois n’est pas coutume, je finirai donc ce papier par une prise de parole personnelle, à la première personne du singulier. Messieurs politiques de tout bord, je tenais à vous dire merci. Merci de creuser, encore une fois, un fossé entre vous et ceux qui vous portent dans les urnes. Quand ce n’est pas le hip-hop qui n’a pas le droit citer à Verdun, lorsque ce n’est pas le port du burkini sur une plage, c’est la pratique du MMA (la fameuse qui n’est visiblement pas en accord avec le respect de la « dignité humaine ») qui retient votre attention. Merci donc de vous occuper des vrais sujets qui maintiennent la France dans une position sclérosée, dans un monde ne l’attend pas pour se mouvoir.
#LegalizeMMA
Yassin Hammachi de MMA4Fight

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